Réveil sous un ciel couvert, mais qui se dégage très vite pour laisser place à un soleil radieux. 10°C. Il n'y a pas à se plaindre.
J'ai attrappé un gros rhume : maux de tête, de gorge, d'oreilles... On cherche la pharmacie pour acheter de l'aspirine : il n'y en a pas !! La plus proche est à 150 kilomètres... il faut aller au "point santé" (une maison normale), ouvert entre 14h et 15h, pour acheter une boite de paracétamol. Idem pour la nourriture : il n'y a qu'un minuscule point de vente. Le supermarché (et encore...) le plus proche est lui aussi à Húsavik, à 150 kilomètres !
12h
On décide d'aller se baigner dans les sources d'eau naturellement chaude quelques kilomètres après le village.
Paradisiaque !!! L'eau est d'un bleu laiteux, comme dans un lait-menthe. Elle fait 40°C. Par endroits il y a des courants plus chauds. Au passage entre les deux bassins c'était carrément brûlant, à ne pas pouvoir rester. J'ai cru que je m'ébouillantais le torse... L'eau fume et la vapeur flotte au dessus du paysage autour des bassins : des roches volcaniques noires. Au fond de l'eau, c'est du sable de lave. L'eau est chaude car sous la terre, elle entre en contact avec le magma du volcan. Elle est chargée en minéraux et en soufre : ils vendent même des produits de beauté à l'accueil, faits à base de cette eau. Dehors il fait 10 - 15°C, l'eau est donc à 30°C au dessus de l'air.
Petit bain islandais :
On se sent tellement relaxés qu'on y reste tout le temps de midi, appuyés contre les roches noires, l'eau jusqu'au menton. C'est un vrai délice !
15h
Nous partons sur une piste en terre noire pour aller aux grottes de Grótagjá. Elles sont remplies d'eau chaude : deux trous béants dans la lave pétrifiée, et au fond de l'eau à 50/60°C.
Une demie-heure plus tard, nous voici au cratère Viti, un volcan encore en activité.
Temps magnifique, encore une fois, quand on part du camping. Le camping était d'ailleurs super : des douches très propres et immenses, une salle pour manger avec des plaques électriques...
La première partie du trajet se passe dans une région de vallées vertes où courent plein de chevaux sauvages, les fameux chevaux islandais, qui sont les seuls au monde capables d'adopter une quatrième allure, autre que le pas, le trot ou le galop... c'est le "tölt". Ils sont très doux et se laissent facilement caresser.
Les chevaux dans la plaine :
On traverse de gigantesques vallées pour aller à Akureyri, la deuxième ville d'Islande, "capitale du Nord". Les montagnes sont impressionantes : on a l'impression de n'être qu'un tout petit insecte qui peut se faire broyer par la nature d'une seconde à l'autre. A certains endroits, les sommets sont des arrêtes noires et pointues.
12h00
Akureyri est en fait une petite ville. La rue principale est assez jolie, avec de vieilles maisons en bois peint. Et, surtout, il y a une super librairie dans laquelle on passe une bonne heure ;o)
La rue principale d'Akureyri :
On continue jusqu'à la région du lac Myvatn, une des zones les plus volcaniques d'Islande. Passage obligé par les chutes de Goðafoss... une cascades monumental, en forme de fer à cheval...
Nico devant Goðafoss :
14h00
Le lac est entouré de petits cratères recouverts d'herbe très verte. On ramasse quelques pierres de lave pétrifiée au fond de l'un deux.
Ensuite, visite du site de Leirhnjukur, au pied du volcan Krafla. C'est carrément hallucinant !!! Dantesque... on se croirait vraiement sur une autre planète. Il y a des mares bleues très claires qui bouent, des trous dans le sol jaune-orangé qui fument, des tâches blanches, un immense champs de lave pétrifiée encore fumante, restes de l'éruption de 1984. Ca sent le soufre et le brulé. Par endroits, l'herbe a réussi à repousser et fait des tâches d'un vert presque fluo. Au milieu de ce chaos, un cratère fissuré. Il faut marcher le long d'un chemin balisé et ne surtout pas le quitter car les pierres, à certains endroits, sont brûlantes !
Les mares bouillonantes :
Au sommet d'une colline, vue sur le champs de lave, noir, chaotique, crevassé et sur les montagnes environnantes, toutes déchiquetées, illuminées par tâches mouvantes par le soleil. Hallucinant. On se croirait aux portes du Mordor dans le Seigneur des Anneaux. La ballade nous prend 2h30.
Moi devant le paysage de Leirhnjukur :
Je pense que ça restera un moment phare dans ma vie...
19h00
Recherche d'un camping, que l'on trouve au hameau de Vogar, car le camping plus grand, situé au bord du lac, est bondé, mais ne compte que trois douches et deux WC...
Je me suis levé avant Nico : le soleil se lève vers 5h... à 7h il est déjà haut dans le ciel. Je suis allé avec mon anorak et mon bonnet jusqu'à la petite cabine de douche en bois : il n'y a que trois minutes d'eau chaude. Je n'ai jamais pris une douche aussi rapidement !
On a trouvé un camping au fond du fjord d'Isafjörður, au pied d'une cascade. La tente esy plantée à deux mètres d'un ruisseau... on a dormi bercés par le bruit de l'eau qui court.
Notre petite tente :
10h00
Visite d'Isafjörður, la "capitale" de la région (2000 habitants). Il y a des maisons colorées aux murs couverts de tôle ondulée et aux porches et fenêtres en bois sculpté. Un petit port au milieu du fjord, sur une langue de terre. Sur le sol, il y a des cailloux peints et sur lesquels il y a des textes en islandais qui disent des choses agréables et gentilles, pour que les gens qui passent se sentent bien... apparemment c'est un tradition locale (dixit le gars du bureau d'information de la ville).
Le bourg d'Isafjörður au bord du fjord :
A l'église nous avons vu qu'une femme sera enterrée cette après-midi. En signe de deuil, tous les habitants de la ville ont mis en berne le drapeau qui se trouve au bout d'un grand mât dans leur jardin.
15h50
Nous venons de faire 200 kilomètres depuis Isafjörður, le long de l'Isafjarðjardjùp. C'est un immnse fjord de 80 kilomètres de long dans lequel se jettent plusieurs autres fjords. La route, en terre et sinueuse, longe toute cette côte. L'Isafjarðjardjùp est très large, son eau bleue foncée. De l'autre côté, c'est la péninsule du Hornstrandir, qui est totalement inhabitée et sur laquelle il n'y a aucune route ni piste. 600 km².
Nous continuons de fjord en fjord avant d'arriver sur la toundra de Steingrimsfjarðarheiði. Il n'y a rien d'autre que la terre nue tout autour de nous jusqu'à l'horizon, avec des plaques de neige deci-delà.
L'Isafjarðjardjùp :
16h15
Holmavik. Visite du Musée Islandais de la sorcellerie. Ici, les gens croient énormément au paranormal, aux elfes, aux esprits... Le musée retrace l'histoire de la persécution des sorciers islandais aux XVème et XVIème siècles. Il explique aussi leur façon de fonctionner et présente quelques sorts et histoires pour les illustrer. Le must : la "nécroculotte" ! Un sort oour lequel un sorcier doit découper la peau d'un cadavre d'homme de la ceinture aux pieds, attributs compris, et l'enfiler comme une culotte. Ensuite, il gagnera beaucoup d'argent mais devra "entreposer" les pièces dans le scrotum...
Le ticket d'entrée au musée :
19h
La roue arrière gauche est crevée. Une énorme pointe de métal. Pas de crick pour changer la roue...
On a demandé à la station-service du village s'ils en avaient un, mis non. La fille a alors appelé un ami et il nous a prêté le sien. On a donc une toute petite roue à l'arrière... Le numéro d'urgence de Hertz ne marche pas, et ça ne répond pas au bureau de Reykjvik où on a loué la voiture. Conclusion : on est bloqués dans un village de 200 habitants à tout casser, au bord de l'Océan Arctique... à 150 kilomètres du hameau le plus porche.
La tente est plantée, on attend que Hertz France, qu'on a appelé au secours, nous rappelle...
20h
Hertz Islande vient de nous dire qu'on doit se débrouiller nous-même pour trouver un garagiste et acheter un nouveau pneu. Il n'y a pas de garagiste dans le village. Le plus proche est à 200 kilomètres... tout va bien...
Mais en discutant de ça avec la serveuse de la station-service/épicerie/café/mini-supermarché du village, on est tombé sur un gars qui trafique des moteurs de bâteaux de pêche et qui dit pouvoir réparer le pneu... On tente le coup. Il embarque la roue. 15 minutes plus tard, il revient : la pointe de métal est enlevéeet il a mis une mêche et de la colle. A priori on peut continuer notre voyage comme ça. Ca nous coûtera 1500 couronnes plus la bouteille de vin rouge qu'on avait prise avec nous (en compensation parce qu'on avait pas assez de monnaie sur nous pour lui donner 2000 couronnes... il gagne au change vu le prix exhorbitant de l'alcool en Islande !! ).
On veut quitter le village est continuer plus loin. La nuit tombe. Route de terre dans une espèce de steppe... pas âme qui vive pendant des kilomètres et des kilomètres... quand il fait noir, c'est assez inquiétant. Et au bout de 150 km, on trouve un camping, à Hvammstangi. Enfin !
La phrase islandaise du jour : "það er sprungið hjá mér. Hvar er næsta bílaverkstæði ?" ("J'ai crevé. Où est le garage le plus proche ?")
On a dormi comme des masses. Il va être 9h : il faut qu'on aille chercher la vture de location. Il fait dans les 7 ou 8°C : pull et anorak.
Dès qu'on entre dans le bâtiment des douches, on se rend compte que l'eau sent très fort le soufre.
On a pas encre vu le paysage ni la ville, je suis impatient...
15h
On a récuperé la voiture puis longé la côte vers le Nord jusqu'à Stykkisholmur. Ca ne sert pas vraiment à grand chose que je décrive, parce que ce n'est pas "imaginable" si on ne le voit pas. Les paysages sont comme sortis d'un rêve, d'un conte fantastique. Ce sont des montagnes qui tombent dans la mer... mais à la verticale, sans aucun arbre, et la terre est parfois noire, parfois rouge, parfois jaune... la lumière est aussi très spéciale : douce, elle fait des tâches sur le paysages.
Nous voilà maintenant sur le ferr "Baldur", qui va nous emmener en 3 heures de Stykkisholmur à Brjanslaekur, sur la péninsule du Nord-Ouest.
Le billet de bâteau :
Le bâteau sonne trois grands coups qui résonnent contre les falaises de lave. L'air frais de la mer du Groënland fait voler le drapeau islandais bleu à crois rouge accroché au mât. Le village s'éloigne. Tout le monde ferme son anorak car avec le vent, il doit faire seulement 5 ou 6°C. On voit au large les montagnes des fjords de l'Ouest qui se rapprochent doucement au fur et à mesure que nous glissons sur l'eau, entre les îlots rocheux couverts d'herbes jaunies...
Nico sur le pont du bâteau :
16h30
Nous accostons à l'île de Flatey, au milieu de la grande baie du Breiðafjörður. Au XIIème siècle il y avait un monastère sur l'île. Aujourd'hui il n'y a qu'une poignée d'habitants isolés, dépendants des ravitaillements amenés par le ferry, seul lien avec le reste du monde. Les quelques maisons se regroupent autour de la petite église blanche et de la mini bibliothèque (une maison en bois de 4,75 mètres sur 3,43 mètres !). L'île est vraiment minuscule... ça doit être flippant par moments de vivre là...
Flatey et sa petite bibliothèque :
18h
Arrivée du ferry "Baldur" au débarcadère de Brjanslaekur. Il n'y a rien du tout. On est partis pour environ 100 kilomètres sur une piste de terre Pas un seul village...
Nous voilà donc dans les fjords du Nord-Ouest... Je suis incapable de trouver des mots pour décrire ça. C'est un paysage complêtement hallucinant. Un décor sorti tout droit de l'esprit d'un auteur de récits fantastiques. Les montagnes, énormes, nues, plongent à la verticale dans la mer bleu profond. Les fjords s'enfoncent dans les terres entre ces gigantesques pentes. Les couleurs changent sans arrêt, la lumière aussi. A chaque détour de virage c'est un nouveau paysage à couper le souffle : des arrêtes rocheuses, acérées et noires qui se découpent ur le ciel, puis des pentes de plusieurs centaines de mètres de haut, vertes émeraude, éblouissantes, des montagnes imposans striées de crevasses, des nappes de neiges éternelles, des sables volcaniques jaunes et rouges, des déserts de pierre...
La piste en terre que nous avons suivie sur une centaine de km :
Et puis derrière une épingle à cheveux, au loin, une casacade d'une taille incroyable. En arrivant au pied après avoir escaladé les rochers, on se rend compte qu'elle fait au bas mot 150 mètres de haut, et bien 100 mètres de large ! Elle projette des gouttelettes à des dizaines de mètres à la ronde. On se sent minuscules...
La cascade de Dynjandi... je suis au pied, les bras écartés : Vous voyez la taille..???
Le trajet continue avec le soleil couchant qui accentue encore les jeux de lumière et l'intensité des couleurs sur les fjords qui s'enchaînent. Les montagnes se reflêtent dans l'eau et prennent une teinte irréelle. J'ai l'impression d'avoir été déconnecté du monde pendant une après-midi...
On va embarquer dans quelques minutes. Pour l'instant, on attend assis devant la porte B8 du Terminal 3 de Roissy - CDG.
Le seul fait de voir "Reykjavik" écrit au-dessus de cette porte me donne des pousées d'adrénaline... c'est un de mes rêves de voir l'Islande. "La terre de glace et de feu", la patrie de elfes, des nains et des trolls... le bout du bout du monde civilisé, là où l'homme n'a jamais touché à la nature, là où ele le domine encore...
23h20 (heure française)
Le commandant de bord vient de nous décrire le vol : nous sommes à 10 000 mètres d'altitude. Sur la gauche on peut voir Londres : c'est vraiement immense ! Cafait un sacré effet de voir cette si grande ville de puis si haut. On continue vers Manchester.
L'hôtesse a, comme d'habitude, donné les consignes de sécurité au micro : pmier contact avec la langue islandaise. Déjà dépaysant ! Les "r" sont roulés, c'est très chantant, mais assez rude d'un autre côté. Par contre, elles parlent toutes aussi courament français, avec juste un petit accent.
Plus tard, une très grande villeà notre droite, qui, d'après sa forme, semble être prés de la mer et traversée par un estuaire. Autour, c'est vide, à part quelques villages. Je suppose que c'est Edimbourg et qu'on survole l'Ecosse. Mais c'est difficile la nuit, juste avec les lumières.
Et puis plus rien, le noir total : on commence à survoler l'Océan Atlantique Nord, tout droit vers le Pôle... les petits points jaunes au loin doivent être les îles Shetland.
00h30 (heure française)
A l'horizon, le ciel est lumineux, bleu pâle ! Il est minuit et demie ! Bon, si on considère qu'on est montés plein Nord depuis l'Ecosse et qu'on est onc à la longitude, et donc à l'heure de la Grande-Bretagne, il est 23h30 "solaire". C'est quand même pas banal de voir du ciel bleu à 23h30 !
L'hôtesse de l'air vient de sortir une petite couverture pour la mettre sur une dame qui dort... j'ai encore jamais vu une hôtesse aussi sympa !
01h30 (heure française)
L'horizon est magnifique ! C'est un gigantesque arc-en-ciel ! Au ras de la ligne d'horizon : une bande rouge, puis orange plus haut, puis jaune, puis vert, bleu pâle et enfin bleu profond...
Le ciel de Reykjavik la nuit...
La descente va progressivement commencer. J'ai l'impression que le soleil se lève, puisqu'avant il y avait la nuit, alors qu'en fait il n'est pas encore couché. En fait, on est le même jour que hier. Enfin non, on est toujours le même jour qu'aujourd'hui, puisque à l'heure islandaise il n'est pas minuit. Sauf que dans une même journéeon aura eu deux couchers de soleil. Je m'embrouille, j'ai besoin de dormir...
02h00 (heure française) / 00h00 (Islande)
Attérissage à l'aéroport Leifur Eirikson de Keflavik. La nuit a finit par tomber : il ne reste plus qu'une bande bleue à l'horizon. Nous prenons la navette jusqu'au camping de Reykjavik. Le thermomètre d'un magazin sur la route indique 4°C...
On tourne un peu pour trouver le camping, puis on monte rapidement la tente.